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30/03/2059 : Néo pulps

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vendredi 27 mars 2009, par Olivier Parent
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La Bande Dessinée s’approche gentiment et gaillardement de son bicentenaire. Chez les collectionneurs, les albums de la période dite classique (de l’entre-deux Guerres Mondiales à la fin du XXe siècle) s’arrachent à prix d’or, malgré un nombre de tirages d’albums qui n’avait cessé de s’accroître au cours de ces années. Il avait fallu cette durée à la vieille dame pour acquérir ses lettres de noblesses auprès d’un large public. Mais, à partir des années 10 et en deux décennies, l’arrivée du papier électronique avait fait passer l’album de BD d’objet culturel de grande consommation (on a vu à cette époque des albums tirés à plusieurs million d’exemplaires…) à celui d’objet de collection et d’art. Aujourd’hui, les éditeurs n’impriment plus que des tirages de tête toujours plus luxueux.

Dans le domaine de la publication de périodiques, Sully Trans Press (STP, lire FH/YVA du 11 novembre 2058 : Retour des kiosques à journaux) démontre que les modèles économiques ne sont jamais figés. Il est aussi possible de fidéliser le client, à l’époque du "butinage" numérique. Avec un même esprit de renovation mais à l’opposé de la démarche technologique de STP, quelques maisons d’édition se lancent dans l’aventure de la promotion de nouveau talents mais, surtout, celle du tirage sur papier, démarche anachronique, s’il en est, au temps du tout électronique. Cette initiative pourrait être comparée aux pulps, ces publications à bas prix qui eurent leurs heures de gloire, aux USA, autour de la période de la Grande Dépression de 1929. Ce renouveau de la BD sur papier synthétique bénéficie, après négociation, des réseaux de récupération de STP qui permettent une récupération des matériaux de l’ordre de 85 à 90%.

Mais, ces jeunes éditeurs ne cachent pas leurs réelles intentions : pousser le lecteur à se reconstituer des collections pérennes. Le jetable et le papier électronique ont failli tuer la création graphique. A l’évidence, la dématérialisation des support a privé le lecteur du lien affectif qu’il pouvait avoir avec l’ouvrage ce qui l’incitait à le garder et le collectionner, petit secret redécouvert d’une industrie de l’édition durable.-

© Olivier Parent

vendredi 27 mars 2009, par Olivier Parent
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